Syndrome de la queue de cheval : comment le kiné doit-il agir ?

Syndrome de la queue de cheval :
comment le kiné doit-il agir ?

Le syndrome de la queue de cheval est causé par une compression des racines nerveuses sacrées dans le canal lombaire. Une hernie discale, une tumeur, un spondylolisthésis ou tout autre problème d’occupation de l’espace canalaire peuvent être à l’origine de la compression. Certains kinésithérapeutes pensent que le syndrome de la queue de cheval est extrêmement dangereux, ce qui n’est pas forcément le cas. Si le kinésithérapeute agit de façon appropriée, le pronostic est bon.

DANS QUELLES CIRCONSTANCES DOIT-ON SUSPECTER UN SYNDRÔME DE LA QUEUE DE CHEVAL ?

Cette présentation clinique est rare, mais elle doit être envisagée et explorée pour les patients présentant des douleurs sévères de la région lombaire et des membres inférieurs, combinées aux symptômes suivants :

  Anesthésie en selle

Anesthésie en selle

·       Incontinence ou rétention urinaire

·       Incontinence anale

·       Paresthésie en selle et de l’appareil génital (voir image)

·       Impuissance chez l’homme (absence de l’érection matinale)

 

Il est important de noter que la fonction urinaire peut être perturbée par la présence de la douleur, l’inactivité ou le traitement médicamenteux.

Sur la base de l’expérience clinique, le syndrome de la queue de cheval survient le plus souvent durant les quatre premières semaines de douleurs dans les membres inférieurs, chez les patients porteurs d’une hernie discale. Par conséquent, la suspicion d’un problème lié à la queue de cheval est moins grande si les douleurs dans les membres inférieurs sont apparues depuis plus d’un mois.

QUEL EST LE PRONOSTIC D’UN SYNDROME DE LA QUEUE DE CHEVAL ?

Le pronostic pour la récupération d’une fonction urinaire, rectale et sexuelle est plutôt bon si le patient bénéficie d’une décompression chirurgicale dans les 24-48h suivant la survenue des symptômes de compression de la queue de cheval. La fonction des racines nerveuses sacrées peut redevenir normale si la hernie discale est retirée dans ces délais, et la littérature rapporte la rareté de la persistance des problèmes urinaires et sexuels. Une chirurgie retardée offre un moins bon pronostic. Dans une étude comportant un petit groupe de patients pour lesquels la chirurgie avait été pratiquée 1 à 3 mois après l’apparition des symptômes, la fonction normale a été recouvrée pour 12 patients sur 14.

COMMENT AGIR EN TANT QUE KINÉSITHÉRAPEUTE ?

Avant toutes choses, il est important que le kinésithérapeute interroge son patient à propos des problèmes de continence vésicale et anale, de la sensation cutanée de l’entre jambes et de signes d’impuissance, comme mentionnés plus haut. En cas de suspicion de syndrome de la queue de cheval, le patient doit être vu par un médecin. Ce dernier examinera la sensibilité cutanée de l’entre jambes et la fonction des muscles du sphincter anal. Le kinésithérapeute doit s’assurer que le patient va rencontrer un médecin sans délai. Le médecin doit être informé qu’il existe une suspicion de hernie discale, ou de sa présence en cas d’imagerie, associée à des douleurs sévères des membres inférieurs et une suspicion de syndrome de la queue de cheval. Si le médecin traitant n’est pas disponible, le patient doit être envoyée directement au service des urgences le plus proche. Si l’examen médical confirme la suspicion de syndrome de la queue de cheval, le patient aura une IRM en urgence et sera vu par un chirurgien du rachis.

Chez les patients au stade très aigu présentant des douleurs sévères des membres inférieurs et des signes de compression radiculaire, il sera pertinent de les informer sur le fait qu’ils doivent réagir en cas de survenue de signes urinaires, sexuels, d’incontinence anale, ou d’anesthésie en selle, afin de s’assurer que la décompression chirurgicale soit pratiquée dans les 24-48h si ces symptômes sont en lien avec une compression des racines sacrées. Cette information doit être enseignée au patient en prenant le soin de ne pas lui créer des craintes inutiles.

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Martin Melbye, PT, Dip. MDT

Bibliographie

Gardner, A., Gardner, E., Morley and T. (2010). “Cauda equina syndrome: a review of the current clinical and medico-legal position.” Eur Spine J.

Aly, T.A., Aboramadan, M.O. (2014). “Efficacy of delayed decompression of lumbar disk herniation causing cauda equina syndrome”, Orthopedics.